C'est le début et c'était prévisible...
Pour les auteurs il y a depuis quelques mois des signes qui ne trompent pas
Quintane a fait remarquer un truc sur Sitaudis au moment des impôts (j'ai
pas rempli la mienne alors j'avais pas vu) : pour la première fois, les
revenus auteur étaient à mettre avec le salaire alimentaire, plus de statut
à part pour les à valoir, lectures, perf et droits sur les ventes.
Imposition "normale" donc, sur ces rentrées d'argent qui avant bénéficiaient
d'un abattement ou un truc du genre.
Les abrutis qui ont fait et signé la pétition pour supprimer le Printemps
des Poètes, sous prétexte que "la génération numérique" n'y était pas
représentée (en gros les aigris jamais invités vu leur taf pourri) ont joué
le joli jeu gouvernemental. Le Printemps des Poètes y a plus. Ok c'était
ringard. Souvent. Ok les alexandrins boiteux déclamés par des vieux
auto-édités c'est chiant. Sauf que ces millions de francs permettaient à
travers toute la France à des tonnes de personnes de bosser : intermittents
pour la plupart, vu que chaque manifestation embauchait des comédiens et des
techniciens, en plus des écrivains invités. Et quoi qu'en disent les crétins
qui l'ont fait sauter, cette manifestation permettait au public de
découvrir des tas de textes, et pas que de la daube, loin de là. Et pas que
des mecs de la Creuse qui parlent de la nature. Des festivals de poésie
sonore, on croule pas assez dessous pour se permettre de lâcher du terrain,
entre autres.
Livre en Fête, censé remplacer en s'étendant le Printemps des Poètes sera
réduit à partir de 2004. Peut-être même supprimé. Même les libraires
hallucinent.
En gros d'ici peu, les moyens de présenter son boulot d'auteur seront très
simples : étalage librairie et médias.
Quand on voit l'augmentation de la production (rentrée littéraire 660 livres
l'an dernier, 1000 cette année), les gros groupe éditoriaux qui bouchent la
visibilité des petits et les rapports gerbants de cooptation au niveau des
télé radio et papier, les écrivains qui taffent sérieusement ont du souci à
se faire. Quant aux poètes, ils ont intérêt à écrire des belles histoires
sous pseudo si ils veulent bouffer.
La couverture du dernier numéro de Mouvement est un joli résumé "qu'ils
crèvent les artistes?"
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