L'actualité passant les écrits restent.
Dans votre éditorial de la livraison du 22-28 juillet, vous revenez, dans une
première partie, sur les relations tendues entre Ariel Sharon et les Français.
Dans une seconde partie, vous évoquez cette affaire de la "mythomane" du RER,
qui a hélas dévoilé une fois encore le manque d'esprit critique et de
déontologie de la plupart des journalistes concernés. Pas le Nouvel Observateur
en effet.
Dans votre article "Fatalité du vraisemblable", voilà que l'invraisemblable est
alors donné à lire. Je vous cite : "le scénario d'horreur évoqué par notre
mythomane n'était pas invraisemblable dans un monde où plus rien ne l'est, et
où toute l'imagination des artistes consiste à proposer un peu plus d'horreur
que d'ordinaire".
Voilà une horreur que nous ne tenons pas pour vraie. Plusieurs personnalités
artistiques sont consternées par de pareils propos artistophobes. Au fond, si
les medias ne vérifient pas la véracité de leurs sources, c'est bien de la
faute des artistes. Mais quels artistes fréquentez-vous donc ?
En outre, que par un raccourci sémantique, vous en veniez à confondre - ou
faire confondre - la réalité sociale (l'horreur d'un fait divers) et la réalité
artistique (l'horreur étant alors d'ordre esthétique, au service d'un
questionnement de la beauté) montre une surprenante naïveté, à moins d'une
volonté de nuire.
A vrai dire, vous avez finalement vraisemblablement raison : aujourd'hui les
artistes de l'écriture de renom - les vivants que vous célébrez usuellement
(auteurs romanesques) - sont pour la plupart journalistes ou dans la sphère
médiatique. Vous vouliez bien entendu écrire : "dans un monde où plus rien ne
l'est, et où toute l'imagination des journalistes consiste à proposer un peu
plus d'horreur que d'ordinaire".
On aura donc rectifié.
Avec mon salut artistique navré,
PBV
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