D’ordinaire, je n’aime guère les aphorismes : trop d’intelligence, de mots d’auteur ; de la pensée qui a l’air de dominer le langage. Casas produit des aphorismes, qui n’en sont pas vraiment, en procédant à l’inverse. Lecteur impénitent (bien qu’ancien élève d’une école d’art !) et joyeusement éclectique (Cavalcanti, Rabelais, Zanzotto, Balzac, Agamben, Rousseau, Buren, Focillon, Quintane, etc.), il suit, bien ou parce que jeune, la première règle énoncée par mon vieil ami Alain Frontier dans sa Théorie de la théorie :
« Écrire, c’est toujours recopier. »
Règle qu’il applique à la lettre, pour en moderniser le classicisme latent :
copiant ici ou là tel groupe de mots et, dans un deuxième temps, assemblant sur sa page plusieurs des bribes recueillies, avec des blancs pour les disjoindre. Est-ce que ces collages (d’un néo-dadaïsme postoulipien) produisent de la pensée ? Jugez :
« Ce n’est que dans / une langue étrangère / qu / e / le poème / peut / apporter une interprétation de moins ».
Bel hommage aux traducteurs, il me semble. Est-ce qu’il y a plus que de la pensée ? De la, disons (bien que je n’aime guère ce mot), poésie ? Il me semble aussi. À l’image de cette page :

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